eric michel

Porte de Lumières

Le travail d’Eric Michel s’appréhende par couches successives de sensations. Car si l’art conceptuel traverse son œuvre, celle-ci reste intimement liée au domaine du ressenti. Sa quête de l’immatériel n’est pas une pure abstraction. Chaque installation est un moyen d’en faire l’expérience. L’artiste interroge nos rapports au réel, jouant sur la frontière du matériel et de l’immatériel, tel un intermédiaire, un « passeur », selon ses mots (*). Mais Eric Michel a bien conscience de l’inaccessibilité du but qu’il s’est fixé. Seul compte pour lui l’exploration. Le cheminement prévaut sur la finalité.  A la différence du charismatique Yves Klein qui nous offrait les « cendres de son art », Eric Michel est bien décidé à nous faire partager ses expériences physiques et spirituelles.

D’abord la dimension haptique de son travail surprend et cette sensation de « toucher du regard » nous envahit. Vient s’ajouter à cet effet purement physique une émotion, une résonnance intérieure. La source lumineuse qui éclaire, qui révèle -question récurrente en histoire de l’art- devient un sujet en soi et trouve sa puissance magnétique dans le monochrome et les couleurs fluorescentes. Loin de révéler un univers aseptisé, néons et pigments purs, hérités de l’esthétique des années soixante-dix, créent une atmosphère transcendantale neutre. Ce « bain lumineux » confère à l’espace une dimension tout à fait autre et alimente l’ambivalence entre fascination et retrait. L’artiste déstabilise notre perception et parvient à créer des « états visuels particuliers » comme disait Donald Judd au sujet de Dan Flavin.

La matérialité de la lumière nous absorbe jusqu’à nous plonger dans une profonde immersion propice à la méditation. Ce même phénomène d’imprégnation que James Turrell met en œuvre dans ses installations. Là aussi on refuse tout pathos. Aucune visualisation d’un sentiment, encore moins d’un moi intérieur. Le sujet est évacué au profit de l’effet. Eric Michel nous invite à faire l’expérience de la Profondeur ; mais qu’est-ce que la Profondeur sinon quelque chose d’ineffable ?

Rébecca FRANCOIS
Historienne de l’art contemporain
Commissaire-adjoint du Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice

(*) On n’est pas loin du roman éponyme de Lois Lowry ou de la vision prophétique de l’art de Kandinsky.

 


 

La Chapelle Fluo

Eric Michel nous donne à voir une œuvre multiforme, qu’il s’agisse d’installations lumineuses, de signalisations urbaines détournées, de vidéo, où vient affleurer sans la ramener l’esprit de l’enfance, c’est-à-dire une forme très simple et pure d’émerveillement. Il fait aussi des tableaux,  photographies retraitées, des peintures et des collages, résidus recomposés des vieux papiers du monde, écrins composites du  quotidien. A chaque fois que je regarde son œuvre déjà abondante je me dis : hé oui, il est ici le monde, c’est bien ça. J’aime beaucoup chez cet artiste cet acharnement à  nous faire partager, comme de l’intérieur de l’impersonnel, ces émotions si denses et rarement exprimées, ou la qualité du silence qui nous saisit parfois, en face d’une fenêtre, ou en face – ce n’est pas facile d’être en face !- d’une lumière en train de naître, et qui nous attend patiemment, pour éclairer.. nous-mêmes probablement.

Eric Michel s’intéresse  à la source de notre regard. Il y aura sans doute ici, à Draguignan, pour chacun d’entre vous, comme partout où il expose ses œuvres, un endroit ou une œuvre dont vous ne détacherez pas facilement les yeux, ou qui vous accompagnera aussi comme on rêve, quand vous les fermerez. Un recueillement  pour votre regard, un point d’ancrage. Je suis sensible aussi à l’ouverture de ses œuvres au monde, à leur dimension voyageuse, de l’Asie à New York, jusqu’ici. C’est que partout il déplace avec lui ce regard aigu et très doux, qui est lui, artiste, sur la lumière : comment nous y vivons et comment elle nous abrite, comment aussi elle nous cache ce qui nous entoure et qu’il nous redécouvre, notre vie.

Dominique Fabre, juillet 2007

 


MICHEL ERIC BIOGRAPHY

Swimming Fluo Still

Eric Michel, the French multimedia artist, was born on June 20, 1962 in Aix-en-Provence. His first creative interests led him to undertake visual arts studies, and then he studied music with the Martenot method. His musical inclination first led him to classical music, then to rock and to underground music. He came back to painting and sculpture during the eighties.
After finishing high-level scientific studies, Eric Michel at first went towards the financial field even as he pursued his artistic activities. The fact of running an American bank in Tokyo, did not prevent him from having two parallel activities and of having many solo and group exhibitions. His first one-man show was in Tokyo in the Design Festa Gallery in November 2001. His stay in Japan also led to his being invited to take part in the contemporary art Biennale " Senza Frontiere " in Kawasaki in December 2003.
On his return to France in 2002, Eric Michel began to intensify his artistic activity by exhibiting in various galleries, Salons, and prestigious multimedia installations . He was invited to show his works in the Salon de Montrouge in 2004 and 2005, where the artist discovered the microcosm of the Parisian art world. In 2006, he took part in the edition of the Nuit Blanche in Paris with his multimedia installation " Nuit Fluo ". He then exhibited in London, New York, and Miami, where his works were noticed and favorably received.
At the present time his life is shared between Rome, Italy and Paris where he devotes himself completely to his artistic activity. The artist paints works, canvases saturated with colours, with pure pigments, rhythmical and flooded with light. His videos and fluorescent light works are essentially based on the tradition of seeking the immaterial, in the steps of Yves Klein, James Turrell and Dan Flavin.
Eric Michel allows himself total freedom, be it luminous conceptual installations, reworked urban signalisation, manipulated photographs, video compilations, paintings and collages that the artist uses as vehicles for his esthetic approach and in which light plays an essential role that he defines thus: " I love the light. It is the privileged vehicle for my sensitivity, for my work. Light has something unique: it is simultaneously corpuscular and undulatory, material and immaterial. As far as I am concerned, the artist needs to be a ferryman, to be precise between the material to the immaterial, from the real to the imaginary, towards a pure sensitivity. "
During the past seven years, Eric Michel has shown his works and his installations in over fifty solo and group exhibitions in Japan, Italy, France, Switzerland, England, and the United States. Many catalogues, publications and articles have been devoted to his art works, which are found in many collections throughout Asia, Europe and the USA.
Eric Michel lives and works between Paris, France and Rome, Italy.

ANTE GLIBOTA,  Paris, August 30, 2007.

(Ante Glibota - Historian of Art and Architecture - is a Titular Member of the European Academy of Science, Art and Humanities. He was co-curating the show "Sport in Art" and this text was part of the catalogue of the Exhibition)

 


BIBLIOTECA FLUO

 

Riusciremo a trasformare l’utopia in realtà?
Umberto Eco

 

La materialità della luce come spazio visivo
a cura di Paola Consorti

 

Biblioteca Fluo Vue Ensemble

Nell’opera di Eric Michel, Bilblioteca Fluo, lo spettatore cessa di essere unicamente un osservatore, ovvero, non è invitato soltanto a guardare ma ad entrare temporaneamente a far parte di un sistema di relazioni visive e sonore che lo rendono partecipe di ciò che accade nel momento del suo svolgersi.
Partendo da uno spazio reale, la biblioteca, l’obbiettivo dell’artista è creare un diverso ambiente culturale-sociale tale da stabilire una comunicazione tra il pubblico e il luogo dell’opera.
Quello che accade a chi entra nel nuovo “spazio-ambiente” realizzato da Eric Michel è di sperimentare una complessa interazione tra la spazialità rappresentata dalla biblioteca e la spazialità vissuta dallo spettatore attraverso non solo lo sguardo, ma nell’intera presenza sensoriale e corporea.
Il luogo dell’opera è però solo virtualmente modificato, nonostante si crei ugualmente una condizione di spaesamento, di straniamento che permette il trasferimento in una realtà ideale. L’artista, infatti, non interviene occupando lo spazio, per agire sulla sua struttura al fine di modificarlo ma, usufruendo esclusivamente della componente luminosa, immateriale ed effimera, è capace di trasformare concretamente l’ambiente. La luce acquista così un valore plastico, essendo utilizzata sotto ogni sua forma: dall’installazione fluorescente al neon, all’immagine video. Nel recente scritto-manifesto, Le Passeur, Eric Michel ci rivela l’importanza determinante che la luce possiede nella sua ricerca artistica: “Amo la luce. Questa è veicolo privilegiato della mia sensibilità, della mia opera… La luce ha questo di unico, l’essere a sua volta costituita da una natura corpuscolare e ondulatoria, materiale e immateriale. E per me l’artista dovrebbe essere un traghettatore, precisamente dal materiale verso l’immateriale, dal reale all’immaginario, verso la pura sensibilità”. (*)
Per le sue caratteristiche di elemento sia materiale che immateriale la luce diviene, per l’artista, mezzo di comunicazione privilegiato come veicolo di idee e pensiero, ma soprattutto fine della ricerca estetica, di un linguaggio puramente percettivo. Oltre allo spazio, anche il tempo viene modificato attraverso la proiezione di quello che l’artista chiama “video nel video”: le immagini proiettate si formano dalla sovrapposizione di filmati precedenti, nei quali sono stati ripresi gli stessi spettatori che, con i loro gesti e movimenti, intervengono apportando delle varianti all’interno del video originario così come era stato pensato dall’artista. Il tempo perde la sua tradizionale nozione di tempo cronologico in quanto contiene un presente che esiste solo come punto mobile e inafferrabile lungo la linea passato/futuro.

(*) Eric Michel, Le Passeur, Roma 2007.